Par Florence DAVROUT

Équipes fragilisées ? Un levier concret pour recréer de la stabilité

Temps de lecture : ~2 minutes
Le turn-over fragilise aujourd’hui de nombreuses structures d’accueil du jeune enfant. Instabilité des équipes, fatigue émotionnelle, perte de repères pédagogiques… En tant que directrice, vous devez à la fois garantir la qualité d’accueil et préserver la cohésion de vos professionnelles. Dans ce contexte, la communication gestuelle associée à la parole constitue un levier concret et puissant.

Comment les signes calment le groupe en 30 secondes

Le principe est physiologique autant que pédagogique : quand l’adulte ralentit son corps et utilise un signe, il envoie un signal de sécurité. Le groupe le capte. L’attention se recentre.

La règle d’or : ne signer qu’avec les mains calmes. Si vous êtes stressé·e, le groupe le lira dans votre corps avant même votre geste.

1 — Posez-vous physiquement Deux pieds au sol, épaules relâchées. Ce n’est pas optionnel : les enfants lisent la posture avant les mots. Une seconde suffit.

2 — Attirez l’attention sans élever la voix Levez une main ouverte et attendez. Ne parlez pas encore. Le silence partiel crée une curiosité naturelle chez les tout-petits. → signe : regarde

3 — Nommez l’émotion du groupe « Je vois que vous avez beaucoup d’énergie. » Puis signez : beaucoup + excité. Le fait de nommer sécurise et désamorce. → signe : excité / plein d’énergie

4 — Proposez une transition signée Annoncez ce qui vient avec un signe clair et positif. L’enfant comprend ce qu’on attend de lui — sans injonction verbale répétée. → signe : calme ou assis

« En crèche, les crises collectives naissent souvent de l’incertitude. Un signe donne un repère visuel stable — le groupe se raccroche à quelque chose qu’il reconnaît. »


Ce que ça donne en vrai

Lucie, auxiliaire de puériculture depuis 8 ans, raconte :

« C’était l’heure du repas, un mardi. Trois enfants pleuraient en même temps, deux autres couraient entre les tables. J’allais hausser la voix — c’est le réflexe. À la place, je me suis arrêtée, j’ai levé la main et j’ai fait le signe calme en regardant le groupe. En dix secondes, deux enfants m’imitaient déjà. Les autres ont suivi. Je n’avais pas dit un mot. Ce jour-là j’ai compris que c’était moi qui donnais le tempo — pas eux. »